Hier, je suis allé à la rencontre des salariés de l’usine TECUMSEH à BARENTIN. Cette entreprise est spécialisée dans la réfrigération commerciale. TECUMSEH conçoit, fabrique et commercialise des compresseurs hermétiques et des groupes de condensation à air pour les systèmes de froid.
Ces salariés m’ont fait part de leurs inquiétudes justifiées quant à la mise en place d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (P.S.E) annoncé par leur direction et qui prévoit la suppression de 48 emplois sur le site de BARENTIN sur un effectif total de 337 salariés.
Ces 48 postes correspondent aux secteurs de la découpe et du traitement thermique dont la sous-traitance est prévue vers la Slovénie. Le site a déjà été touché à plusieurs reprises par des périodes de chômage partiel et de licenciement.
La Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (G.P.E.C), suivie de négociations puis du P.S.E, actuellement à l’état de projet se sont échelonnés sur une période très courte de 3 mois. La GPEC est pourtant une gestion des ressources humaines qui implique les responsables opérationnels et l’encadrement de proximité. C’est un outil de dialogue social avec les représentants du personnel.
Pourtant, les représentants syndicaux, Mr Lamour, Mme Helouin, Mr Dumais et Mr Fossé ont le sentiment d’un
véritable passage en force alors que la direction veut leur imposer des dispositions qu’ils refusent comme notamment la proposition faite aux salariés de départs volontaires avec une prime de licenciement insuffisante.
De quoi sera fait l’avenir des salariés, qui pour certains comptabilisent plusieurs dizaines d’années d’ancienneté dans cette entreprise et qui savent qu’ils n’ont guère d’espoir, en cette période de crise, de pouvoir retrouver un emploi ? La baisse des commandes reste un argument malheureusement trop souvent avancé et réducteur pour justifier la mise en place de P.S.E tel que celui proposé dans ce cas présent. Faut-il que ces salariés prévoient, comme cela a pu être évoqué, de partir travailler en Inde, au Brésil ou au Mexique ?
Rappelons qu’une polémique est née début mai, après qu’une société implantée à Castres, a proposé à neuf salariés en cours de licenciement des emplois rémunérés 69 euros brut mensuels à Bangalore (Inde), où elle possède un établissement ! La proposition de loi émanant du député Philippe FOLLIOT stipule qu’un groupe qui dispose d’implantations à l’étranger et doit procéder à des licenciements économiques devra auparavant adresser un questionnaire à ses salariés. En cas de procédure de reclassement, l’employeur aurait pour obligation de proposer au salarié une “rémunération équivalente” en “valeur absolue” à celle qu’il percevait dans son précédent emploi. Ce texte vise à empêcher les entreprises de faire à leurs salariés des propositions indécentes de reclassement.
Le personnel de TECUMSEH n’en est pas encore là mais, comme bon nombre de salariés d’entreprises de la circonscription telles que TIMKEN à MAROMME ou WAGON AUTOMOTIVE à ST PIERRE DE VARENGEVILLE, c’est à présent à son tour de s’interroger sur l’avenir plus qu’incertain qui lui sera réservé. D’ailleurs, hier aussi, en fin d’après-midi, j’ai rencontré également les représentants syndicaux avec Bernard LEGER et Pierrette CANU pour evoquer les offres de reprise du site de Saint-Pierre.