Evacuation de familles sans logement à la Courneuve
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La politique d’expulsion collective, conduite à grands renforts de communication, des populations Roms et immigrées mise en œuvre par le Gouvernement français dans la torpeur de l’été occupe une place de choix au menu de la session de reprise du Parlement européen qui s’est ouverte aujourd’hui à Strasbourg.
Comme nombre d'entre vous, j’y ai vu un élément supplémentaire à la charge de la dérive droitière et sécuritaire relancée par Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Grenoble.
Convaincue, en tant qu'élue, de la nécessité de mettre en œuvre une politique républicaine de sécurité efficace, je ne peux cautionner ces gesticulations sécuritaristes et électoralistes. Il s’agit en effet d’une tentative de diversion populiste, dangereuse et irresponsable visant à reléguer au second plan de l’attention médiatique l’échec criant de la politique économique et sociale du gouvernement et les affaires politico-financières dans lesquelles le Parti présidentiel se trouve aujourd’hui empêtré.
Cette stratégie est irresponsable dans la mesure où elle fait porter sur les autres – les Roms, les étrangers, les Français issus de l’immigration, les jeunes, les maires, la « gauche milliardaire », les « bien pensants » et autres « droits de l’hommistes »... - l’échec d’une politique dont Nicolas Sarkozy s’occupe en personne depuis bientôt 10 ans et qui constitue son fonds de commerce électoral.
Elle est irresponsable également, parce qu’elle porte gravement préjudice à l’image de la France à l’étranger. A ce rythme, la France sarkozyste fera par comparaison bientôt passer l’Italie berlusconienne pour un modèle de vertu et de retenue.
Quand 3 anciens Premiers ministres de droite prennent leurs distances et vont jusqu'à dénoncer « la dérive droitière de l’UMP » et « une tâche de honte sur notre drapeau », quand l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, la presse internationale, l’ONU, les églises -…et même le pape ! - s’inquiètent de cette même dérive sécuritaire aux relents xénophobes, c’est que la situation est grave. Il faut être autiste, sacrément cynique ou vraiment à côté de la plaque pour ne pas entendre ces critiques.
La manière – grossière - dont le gouvernement français a cherché à instrumentaliser la question des Roms et a géré ce dossier est inacceptable. L’indignation suscitée est légitime. Mais nous devons nous garder de rajouter de la polémique à la polémique et de l’instrumentalisation à l’instrumentalisation. Ce dossier concerne près de 10 millions de citoyens européens. Il doit être traité de manière sérieuse et responsable, loin des caméras de télévision et des tentatives de récupération politique.
Aussi légitime et compréhensible soit-elle, notre indignation ne doit pas pour autant nous divertir des sujets essentiels qui figurent au menu de cette rentrée politique française et européenne : réforme des retraites et des collectivités territoriales, service public de l’éducation, budget européen, OGM, farines animales, régulation financière, politiques de rigueur….constituent autant de questions qui préoccupent les citoyens français et européens et méritent toute notre attention.